

Les addictions aux substances psycho actives (tabac, drogues…) peuvent engendrer des dommages et des dépendances. L’Addictologie est à la croisée de toutes les disciplines qui s’intéressent à l’homme et à ses conduites, mais aussi aux substances qu’il consomme et aux contextes qui interagissent sur ces conduites.
Non, le tabac ne fait pas "oublier les soucis", "il ne réduit pas la déprime", "il ne donne pas une meilleure contenance", "il ne déstresse pas"…
Il donne des gastrites, des ulcères gastroduodénaux.
Il vieillit la peau (vieillissement de cinq à dix ans par rapport à l’âge réel).
Il donne des troubles de l'érection et des anomalies de spermatozoïdes, retentissant sur la fertilité, une diminution de la libido, des céphalées, des troubles de la mémoire, de la nervosité, des tremblements, une hypoacousie, une presbytie…
Les femmes sont les principales cibles aujourd’hui, car pour elles, les conséquences du tabagisme sont encore plus dramatiques : toutes les complications sont plus graves.
Le cancer des bronches, qui était très rare chez la femme, tend à devenir le cancer le plus fréquent. Certaines complications sont spécifiques de la femme, conséquences du tabagisme sur le fonctionnement ovarien et gynécologique :
Ne pas gêner les autres par son tabagisme n’est pour beaucoup de fumeurs qu’un simple geste de courtoisie. Jusqu’a récemment, les effets néfastes du tabac ne semblaient concerner que les sujets fumeurs.
On sait à présent que le "tabagisme passif" a des conséquences sur la santé des non-fumeurs.
En inhalant la "fumée des autres", les non-fumeurs inhalent contre leur gré jusqu’à 47OO substances chimiques dont certaines sont connues pour être cancérigènes :
La fumée de la cigarette est radioactive :
La fumée du tabac contient jusqu’à 47 ppm de benzène ; elle contient du chlorure de vinyle…
" Le tabagisme " tue aujourd’hui 60 000 personnes par an.
D’après les calculs d’une épidémiologiste parisienne, C. HILL, s’il demeure au niveau de consommation actuelle, dans les années 2 020, 160 000 sujets mourront chaque année du tabac (110 000 hommes et 50 000 femmes).
Un fumeur sur quatre est destiné à mourir du tabac. Pour ce qui est du " tabagisme passif " :
Chaque année est mis sur le compte du tabagisme passif, aux Etats-Unis :
Les résultats d’une étude américaine montrent qu’une femme à 30 % de risque en plus de développer une tumeur pulmonaire lorsque son compagnon est fumeur. 40% lorsqu’elle est enfumée sur son lieu de travail, 50% lorsqu’elle est exposée pendant ses loisirs, et 75% lorsqu’elle cumule les trois expositions.
Le professeur WHIDDEN chiffre pour la France :
Aboutit à :
L’exposition passive diminue la tolérance à l’effort, a un effet favorisant sur la formation de caillots (on constate une baisse du HDL cholestérol et une augmentation du fibrinogène par comparaison aux non fumeurs, non exposés).
Le risque de mortalité par maladie coronaire est augmenté de 23% chez les femmes et de 25% pour les hommes.
Une des caractéristiques principales et un des pièges de la pathologie, liés au tabac, sont le très long temps de latence entre le début de l’intoxication et les conséquences sur la santé.
Il faut parfois quinze à quarante ans pour que les complications apparaissent. A savoir que le risque croît linéairement avec l’intensité de la consommation et que ces délais vont diminuer d’ici quelques années du fait de l’effet cumulatif de toutes les pollutions.
Dans le large domaine de l’hygiène et de la sécurité, en milieu de travail, rappelons que toutes les fumées et pollutions diverses présentes éventuellement sur le lieu de travail peuvent être nocives.
Le tabac peut potentialiser la nocivité de substances à tropisme respiratoire rencontrées lors des expositions professionnelles.
Il peut engendrer sur les lieux de travail des accidents toxiques et des maladies professionnelles ; il peut générer des incendies si les règles d’hygiène et de sécurité ne sont pas respectées, et enfin gêner les collègues de travail, car le tabagisme passif est une réalité médicalement établie.
"La fumée de la cigarette" est nocive. Il conviendrait de ne pas l’oublier : les effets néfastes conjugués sont alors additifs ou multiplicatifs.
Un taux d’absentéisme et une augmentation des accidents de travail ont été constatés chez les fumeurs par rapport aux non-fumeurs.
Tous ces risques sont connus de la majorité de la population y compris des fumeurs. Nous sommes donc dans une situation paradoxale, avec un risque de santé majeur, bien identifié mais qui ne se modifie que très lentement.
On a longtemps cru que le tabagisme était une simple habitude et que, par conséquent, la notion des dangers et la volonté devaient suffire pour interrompre l’utilisation de la cigarette et des autres formes de consommation du tabac.
Il s’agit en fait d’une véritable toxicomanie (au même titre que l’alcool). La nicotine induit une dépendance et la vraie lutte contre le tabagisme doit passer par deux éléments :
L’interdiction de fumer est avant tout une règle de Santé Publique codifiée dans le code de la Santé Publique : article R. 355 - 28 – 1 à 13
Les règles demeurent dans la législation du travail : article 7 du décret du 29.05.92 et leurs mesures d’application doivent figurer dans le règlement intérieur ou dans des notes de service conformément à l’article L 122 – 34 du code du travail.
La loi 91 – 32 du 10 janvier 1991 relative à la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme modifiant la loi 76 – 616 du 9 juillet 1976, et le décret n° 92 – 478 du 29 mai 1992 constituent la nouvelle base législative et règlementaire de la prévention des effets négatifs du tabac sur la santé (effet au 1.11.92).
L’interdiction de fumer s’applique à toute personne dans l’entreprise, des dirigeants aux visiteurs.
L’interdiction de fumer vise les locaux affectés à l’ensemble des salariés :
Ni la loi, ni le décret ne font expressément obligation à l’employeur de mettre des emplacements à la disposition des fumeurs.
Le fait pour un salarié de fumer dans les lieux de travail constitue une faute professionnelle (contravention de troisième classe) et une faute vis à vis de l’employeur dans la mesure où un tel comportement non seulement est interdit par la loi et sanctionné pénalement, mais encore peut engager la responsabilité civile et pénale de l’employeur (contravention de cinquième classe).
Les infractions aux modalités de mise en œuvre des règles relevant de l’hygiène et de la sécurité, ou des conditions de ventilation sont, dans le secteur public hospitalier, de la compétence des inspecteurs du travail.
Quant à la constatation des infractions éventuelles à l’interdiction de fumeur, elle relève de la compétence des officiers et des agents de police judiciaire.
La consommation de tabac, d’alcool et de drogue est totalement interdite dans tous les locaux de l’établissement. bLe décret du 15 novembre 2006 interdit de fumer dans les locaux à usage collectif et en particulier dans les établissements de santé depuis le 1er février 2007.
Aujourd’hui, il faut faire figurer au règlement intérieur les décisions de l’employeur quant à la protection des non-fumeurs et rappeler l’article L. 230 – 3 du code du travail.
Attention à la jurisprudence qui pourrait sortir à la suite des deux arguments juridiques suivants :
L’arrêt est toujours bénéfique, avec des effets immédiats sur le souffle, l’odorat, le goût, le teint…
Les effets favorables, à long terme, sont bien établis. Chez l’ex-fumeur, pour le cancer du poumon et du larynx, le risque se réduit lentement et progressivement. Après dix ans d’arrêt, il n’est plus que le tiers de celui qui a continué à fumer. Le risque commence à se réduire dès la première année suivant l’arrêt. Chez la femme, l’arrêt avant la conception et dans les deux ou trois premières semaines fait disparaître les risques pour l’enfant.
En cas d’infarctus du myocarde, le risque de mort subite à un an varie du simple au double suivant le cas où le tabagisme a été réellement interrompu ou a repris. Pour l’artérite des membres inférieurs, l’arrêt du tabac est le seul moyen d’interrompre l’aggravation de la maladie et permettre aux diverses thérapeutiques médicales ou chirurgicales d’être pleinement actives.
Enfin, les ex-fumeurs ont une espérance de vie plus longue que les fumeurs : après quinze à vingt ans d’abstinence, les risques de mortalité par tabagisme disparaissent presque totalement.
L’Unité de Coordination de Tabacologie peut vous aider à cesser de fumer :
Hôpital de La Seyne-sur-Mer
Tél. : 04 94 11 31 55
Hôpital Font-Pré
Tél. : 04 94 61 60 80
Une aide peut vous être également apportée par téléphone :
0825 309 310 ou en consultant le site internet
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