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> Des risques connus
> Epidémiologiquement

> La législation
> L'arrêt du tabagisme

> Discussion: Pourquoi on fume ?
> Adresses utiles

Titre

39% de la population française fume, soit plus de 20 millions de Français de plus de 15 ans. Depuis ces vingt dernières années est observée une très nette augmentation du tabagisme féminin (35% de femmes fumeuses) et une régression du tabagisme masculin " Le tabagisme " est le principal facteur de mortalité, responsable de 60 000 morts par an, et " le tabagisme passif " est la première cause de pollution dans le secteur tertiaire.

- Des risques connus

Non, le tabac ne fait pas " oublier les soucis ", " il ne réduit pas la déprime ", " il ne donne pas une meilleure contenance ", " il ne destresse pas "…

- Aujourd'hui le tabac tue

  • Par cancers : cancers broncho-pulmonaires, cancer de la lèvre, cancer de la cavité buccale, cancer du larynx, cancer de l'oesophage, cancer de la vessie…
  • Par insuffisance respiratoire
  • Par cardiopathie ischémique

Il donne des gastrites, des ulcères gastro-duodenaux.
Il vieillit la peau (vieillissement de cinq à dix ans par rapport à l’âge réel).
Il donne des troubles de l'érection et des anomalies de spermatozoïdes, retentissant sur la fertilité, une diminution de la libido, des céphalées, des troubles de la mémoire, de la nervosité, des tremblements, une hyposacousie, une presbytie…

- Tabac et femmes

Les femmes sont les principales cibles aujourd’hui, car pour elles, les conséquences du tabagisme sont encore plus dramatiques : toutes les complications sont plus graves.
Le cancer des bronches, qui était très rare chez la femme, tend à devenir le cancer le plus fréquent. Certaines complications sont spécifiques de la femme, conséquences du tabagisme sur le fonctionnement ovarien et gynécologique :

  • Diminution de la fertilité
  • Ménopause précoce et gravité de l’ostéoporose post-ménopausique. Une étude " du British Médical Journal " met directement le tabac en cause dans les fractures de hanches des femmes ménopausées.
  • Augmentation des risques de grossesses extra-utérines
  • Avortements spontanés
  • Accouchements prématurés
  • Retard de la croissance fœtale et augmentation de la mortalité natale et périnatale
  • Le risque d’hématome rétro-placentaire est six fois supérieur
  • Possibilité de malformations congénitales, en particulier cardiaques
  • Risque de retard de développement psychologique et somatique, et même, le risque de voir survenir dix à quinze ans plus tard une maladie maligne (lymphome, leucémie)
  • Un passage de nicotine dans le lait maternel expose l’enfant à un risque de " mort subite " et de convulsions
  • Il y a également une augmentation de la fréquence du cancer du col et de l’utérus

- Le tabagisme passif

Ne pas gêner les autres par son tabagisme n’est pour beaucoup de fumeurs qu’un simple geste de courtoisie.
Jusqu’à récemment, les effets néfastes du tabac ne semblaient concerner que les sujets fumeurs.
On sait à présent que le " tabagisme passif " a des conséquences sur la santé des non-fumeurs.

Un rapport présenté par le Professeur M. TUBIANA, à l’Académie Nationale de Médecine, démontre la dangerosité de " la fumée des autres ", en insistant sur la nécessité absolue de " faire respecter le droit des non-fumeurs à respirer un air non pollué ".

Ce document met en cause la climatisation des bâtiments, qui a pour effet " d’introduire, dans toutes les pièces, les composants du tabac ".

En inhalant la " fumée des autres ", les non-fumeurs inhalent contre leur gré jusqu’à 47OO substances chimiques dont certaines sont connues pour être cancérigènes :

  • Au minimum, 6 substances classées au C.I.R.C.I. (Centre International de Recherche sur le cancer I)
  • 5 substances de groupe C.I.R.C. II A
  • 9 substances de groupe C.I.R.C. II B
  • 18 pour lesquelles la France a fixé une valeur limite, dont le monoxyde de carbone.

La fumée de la cigarette est radio-active :

  • 1 cigarette contient entre 0,3 et 1,3 pci de POLONIUM 210, émetteur alpha.
  • La combustion de 20 cigarettes par jour, cinq jour par semaine, quarante six semaines par an, aboutit à 22 Bq .

En mai 2000, lors de la transposition en droit français de la directive EURATUM 96, ceci représentera 2,8% de la limite annuelle d’incorporation (L.A.I.) pour les professionnels et 28 % de la L.A.I. pour le public.

La fumée du tabac contient jusqu’à 47 ppm de benzène ; elle contient du chlorure de vinyle…^

- Epidémiologiquement

" Le tabagisme " tue aujourd’hui 60 000 personnes par an .
D’après les calculs d’une épidémiologiste parisienne, C. HILL, s’il demeure au niveau de consommation actuelle, dans les années 2 020, 160 000 sujets mourront chaque année du tabac (110 000 hommes et 50 000 femmes).

Les conséquences médicales, sociales et économiques, déjà dramatiques, deviendront catastrophiques.

Un fumeur sur quatre est destiné à mourir du tabac. Pour ce qui est du " tabagisme passif " :

Chaque année est mis sur le compte du tabagisme passif , aux Etats-Unis :

  • 3 000 morts par cancer du poumon ,
  • Près de 60 000 par maladies cardio-vasculaires
  • Entre 150 et 300 000 bronchites et pneumopathies de l’enfant, de 8 000 à 26 000 nouveaux cas d’asthme (sans compter les exacerbations d’asthme concernant environ 400 000 à 1 000 000 d’enfants).

Les résultats d’une étude américaine montrent qu’une femme à 30 % de risque en plus de développer une tumeur pulmonaire lorsque son compagnon est fumeur. 40% lorsqu’elle est enfumée sur son lieu de travail, 50% lorsqu’elle est exposée pendant ses loisirs, et 75% lorsqu’elle cumule les trois expositions.

Le professeur WHIDDEN chiffre pour la France :

  • 7 578 décès d’origine cardio-vasculaire
  • 735 décès par cancer du poumon.

- Le tabagisme passif professionnel (Professeur TUBIANA)

Aboutit à :

  • 50 décès par cancer du poumon
  • 750 décès par maladies cardio-vasculaires.

L’exposition passive diminue la tolérance à l’effort, a un effet favorisant sur la formation de caillots (on constate une baisse du HDL cholestérol et une augmentation du fibrinogène par comparaison aux non fumeurs, non exposés).

Le risque de mortalité par maladie coronaire est augmenté de 23% chez les femmes et de 25% pour les hommes.

Une des caractéristiques principales et un des pièges de la pathologie, liés au tabac, sont le très long temps de latence entre le début de l’intoxication et les conséquences sur la santé.

Il faut parfois quinze à quarante ans pour que les complications apparaissent. A savoir que le risque croît linéairement avec l’intensité de la consommation et que ces délais vont diminuer d’ici quelques années du fait de l’effet cumulatif de toutes les pollutions.

- Tabac et conditions de travail

Dans le large domaine de l’hygiène et de la sécurité, en milieu de travail, rappelons que toutes les fumées et pollutions diverses présentes éventuellement sur le lieux de travail peuvent être nocives.

Le tabac peut potentialiser la nocivité de substances à tropisme respiratoire rencontrées lors des expositions professionnelles.

Il peut engendrer sur les lieux de travail des accidents toxiques et des maladies professionnelles ; il peut générer des incendies si les règles d’hygiène et de sécurité ne sont pas respectées, et enfin gêner les collègues de travail, car le tabagisme passif est une réalité médicalement établie.

" La fumée de la cigarette " est nocive. Il conviendrait de ne pas l’oublier : les effets néfastes conjugués sont alors additifs ou multiplicatifs.

Un taux d’absentéisme et une augmentation des accidents de travail ont été constatés chez les fumeurs par rapport aux non-fumeurs.

- Le paradoxe

Tous ces risques sont connus de la majorité de la population y compris des fumeurs. Nous sommes donc dans une situation paradoxale, avec un risque de santé majeur, bien identifié mais qui ne se modifie que très lentement.

On a longtemps cru que le tabagisme était une simple habitude et que, par conséquent, la notion des dangers et la volonté devaient suffire pour interrompre l’utilisation de la cigarette et des autres formes de consommation du tabac.

Il s’agit en fait d’une véritable toxicomanie (au même titre que l’acool). La nicotine induit une dépendance et la vraie lutte contre le tabagisme doit passer par deux éléments :

  • Des actions générales d’information, d’éducation à la santé, et il s’inscrit dans notre rôle de " soignant ", " de personnel hospitalier " de dire et d’agir, de faire respecter les interdictions, en s’appuyant sur les lois et les règlements.
  • Le deuxième volet indispensable est l’aide à l’arrêt du tabac. ^

- La législation

L’interdiction de fumer est avant tout une règle de Santé Publique codifiée dans le code de la Santé Publique : article R. 355 - 28 – 1 à 13

Les règles demeurent dans la législation du travail : article 7 du décret du 29.05.92 et leurs mesures d’application doivent figurer dans le règlement intérieur ou dans des notes de service conformément à l’article L 122 – 34 du code du travail.

La loi 91 – 32 du 10 janvier 1991 relative à la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme modifiant la loi 76 – 616 du 9 juillet 1976, et le décret n° 92 – 478 du 29 mai 1992 constituent la nouvelle base législative et règlementaire de la prévention des effets négatifs du tabac sur la santé (effet au 1.11.92).

L’interdiction de fumer s’applique à toute personne dans l’entreprise, des dirigeants aux visiteurs.

L’interdiction (pour le tabagisme passif) s’applique dès lors que deux personnes au moins séjournent de manière permanente ou occasionnelle dans les locaux.

L’interdiction de fumer vise les locaux affectés à l’ensemble des salariés :

  • Hall d’accueil et de réception
  • Locaux affectés à la restauration collective
  • Salles de réunion et de formations
  • Salles et espaces de repos
  • Locaux réservés aux loisirs, à la culture et aux sports
  • Locaux sanitaires et médico-sanitaires
  • Lieux de passages :
    • couloirs
    • escaliers
    • paliers
    • parkings fermés et couverts
    • et bien sûr ceux dévolus au travail proprement dit, qu’il s’agisse des ateliers, magasins, entrepôts et bureaux

Ni la loi, ni le décret ne font expressément obligation à l’employeur de mettre des emplacements à la disposition des fumeurs.

Le fait pour un salarié de fumer dans les lieux de travail constitue une faute professionnelle (contravention de troisième classe) et une faute vis à vis de l’employeur dans la mesure ou un tel comportement non seulement est interdit par la loi et sanctionné pénalement, mais encore peut engager la responsabilité civile et pénale de l’employeur (contravention de cinquième classe).

Les infractions aux modalités de mise en œuvre des règles relevant de l’hygiène et de la sécurité, ou des conditions de ventilation sont, dans le secteur publique hospitalier, de la compétence des inspecteurs du travail.

Quant à la constatation des infractions éventuelles à l’interdiction de fumeur, elle relève de la compétence des officiers et des agents de police judiciaire.

- Droit et tabagisme passif

Aujourd’hui, il faut faire figurer au règlement intérieur les décisions de l’employeur quant à la protection des non-fumeurs et rappeler l’article L. 230 – 3 du code du travail.
Attention à la jurisprudence qui pourrait sortir à la suite des deux arguments juridiques suivants :

  • Le délit de mise en danger d’autrui,
  • La notion de perte de chance (Docteur B. FONTAINE, Journées Nationales de Médecine du Travail, Toulon, mai 99). ^

- L’arrêt du tabagisme

L’arrêt est toujours bénéfique, avec des effets immédiats sur le souffle, l’odorat, le goût, le teint…

Les effets favorables, à long terme, sont bien établis. Chez l’ex-fumeur, pour le cancer du poumon et du larynx, le risque se réduit lentement et progressivement. Après dix ans d’arrêt, il n’est plus que le tiers de celui qui a continué à fumer. Le risque commence à se réduire dès la première année suivant l’arrêt. Chez la femme, l’arrêt avant la conception et dans les deux ou trois premières semaines fait disparaître les risques pour l’enfant.

En cas d’infarctus du myocarde, le risque de mort subite à un an varie du simple au double suivant le cas où le tabagisme a été réellement interrompu ou a repris. Pour l’artérite des membres inférieurs, l’arrêt du tabac est le seul moyen d’interrompre l’aggravation de la maladie et permettre aux diverses thérapeutiques médicales ou chirurgicales d’être pleinement actives.

Enfin, les ex-fumeurs ont une espérance de vie plus longue que les fumeurs : après quinze à vingt ans d’abstinence, les risques de mortalité par tabagisme disparaissent presque totalement.^

- Discussion : pourquoi fume-t-on ?

Le concept du tabac, en particulier de la cigarette, est entouré d’une valeur intellectuelle, culturelle, lui donnant une dimension sociale. La publicité a joué un rôle non négligeable au cours de cette évolution.

Au fur et à mesure, la représentation de la femme a changé, représentée presque exclusivement comme une femme au foyer s’occupant de tâches ménagères et de l’éducation de ses enfants, elle est devenue une femme pouvant travailler librement et accéder aux mêmes postes que les hommes, avec une vie sociale active. Le tabagisme a été un moyen pour les femmes d’affirmer leur place dans la société. Il était assimilé à une libération ! Mais cette liberté n’est qu’une illusion car elle s’est vite transformée en dépendance…

Le tabac ne doit plus être le symbole du comportement adulte pour les jeunes et notre rôle de " préventeur " est d’essayer d’agir sur les comportements et d’accompagner chaque individu, à commencer par nos enfants, afin d’éviter le commencement de l’intoxication (prévention primaire) ou de l’interrompre si elle est déjà existante (prévention secondaire).

Notre action ne pourra être efficace que si elle s’inscrit dans le cadre d’une volonté générale sociale et politique.

Le tabagisme devrait être la cause la plus facilement évitable de la maladie et de la mort. Mais jamais la connaissance d’un risque n’a suffi a lui seul à modifier un comportement. La molécule de nicotine stimule les neurones dopaminergiques, c’est à dire " le système de récompense ", source de la sensation de plaisir. C’est un " faux neurotransmetteur " comme toutes les drogues. Chaque bouffée de cigarette provoque l’accélération du pouls, l’élévation de la pression artérielle et surtout des effets psycho-actifs responsables de la dépendance. Elle réalise un " shoot " induisant :

  • Une dépendance comportementale (gestuelle dépendante de la pression sociale)
  • Une dépendance psychique (plaisir, détente, stimulation intellectuelle, anorexigène…)
    phase de dépendance qui apparaît rapidement après la phase d’initiation
  • Une dépendance physique qui se traduit par la sensation de manque, de nervosité, d’irritabilité… Ce qui explique tous les échecs d’arrêt à court terme

Il y a ainsi de très nombreuses catégories d’utilisateurs de tabac, avec toutes les combinaisons possibles, suivant le stade évolutif, le degré de motivations, l’importance des dépendances et la présence de co-morbidités. Les stratégies d’aide à l’arrêt du tabac et les difficultés sont évidemment totalement différentes dans ces diverses situations.

La première condition rigoureusement indispensable est la motivation par la décision personnelle.

Ne touchons-nous pas là l’essence même de notre identité humaine dans cette liberté de choix et de décision ?

Savoir faire abstractions des médias et de la publicité, refuser " l’image construite " à laquelle on veut nous assimiler, refuser de " goûter " (ne serait-ce que " par curiosité ", parce que la vie nous offre des milliers d’autres raisons d’aiguiser notre curiosité !).

Pour savoir dire " Non au tabac " en dépit de tout… et malgré tout !

Selon un groupe d’experts américains (Tobacco control) : " la dépendance nicotinique est actuellement le problème médical le plus important ".

BIBLIOGRAPHIE

  • Liaisons sociales (2 .11.92)
  • Revue de médecine et travail (septembre 1995)
  • Documents INRS (troisième trimestre 1995)
  • L’hop (juin 1997)
  • Lettre de l’institut de médecine et de santé au travail de Paris (septembre 1998)
  • Bulletin de l’ordre des médecins (mai 1999)
  • Santé - Homme & travail (septembre 1999) ^

- Adresses utiles

- Réseau Hôpital Sans Tabac

(Association fondée par la Mutuelle Nationale des Hospitaliers et l'Assistance Publique Hôpitaux de Paris).
247 rue de Bercy - 75580 PARIS CEDEX 12
01 44 68 59 54
01 44 68 59 55
Anne.BORGNE@wanadoo.fr

- Comité Français d'Education pour la Santé (C.F.E.S.)

2 rue Auguste Comte - 92170 VANNES
01 41 33 33 33
01 41 33 33 90

- Comité départemental d'Education pour la Santé( CODES)

166 boulevard Maréchal Leclerc - 83000 TOULON
04 94 89 47 98

- Mutuelle Nationale des Hospitaliers (M.N.H.)

331 avenue d'Antibes - 45200 MONTARGIS
02 38 90 70 00
02 38 90 75 75

- Tabac et Liberté

36 rue Alsace Lorraine - 31000 TOULOUSE
05 61 22 61 55
05 61 22 83 07
daver@caplaser.fr

- Tabac-net

www-tabac-net.ap-hop-paris.fr

- Ligue nationale contre le cancer

1 avenue Stephen Pichon - 75013 PARIS
01 44 06 80 80
01 45 86 56 78

- Comité National contre le tabagisme (CNCT)

31 avenue du Gal Michel Bizot - 75012 PARIS
01 55 78 85 10
01 55 78 85 11
3615 TABATEL
cnct@Compuserve.com

- Réseau Européen Jeunes et Tabac

(Européen Network on Young People and Tobacco) - ENYPAT
National Public Health Institute
(KTL) - ENYPAT

Départment of Epidiemology and Health Promotion
Mannerheimintie 166 - 00300 HELSINKI (Finlande)
00 358 9 685 1894
00 358 9 694 9103
sylviane.ratte@ktl.fi

     
     
     

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